Pourquoi ne suis-je pas un prodige ?

Pourquoi ne suis-je pas un prodige ?

C’est incroyable comme certaines personnes réussissent avec une facilité déconcertante des choses pour lesquels nous avons encore et toujours du mal. Ne vous êtes-vous jamais fait la réflexion ?
« Le blond » tel que l’appelait Gad Elmaleh, ce personnage irritant qui, avec une allure et une facilité déconcertante, abat d’un coup sec toute notre motivation. Pour nous c’est dur, pour lui, simple comme bonjour.

On pourrait sincèrement se poser la question, comment se fait-t-il que ces prodiges réalisent aussi facilement autant de choses ?
Mais surtout, pourquoi ne sommes-nous pas au même niveau, pourquoi sommes-nous complètement dépassé ?

Facilité et pièges

Une des premières pensées qui nous vient à l’esprit concernant ces prodiges prend forme sous le mot « facilité ».
« Une facilité déconcertante », voilà comment pourrait-être qualifié cette capacité à réaliser mieux et sans effort apparent.

C’est peut-être vrai, cependant, il convient de comprendre que sans effort, sans travail, cette facilité s’arrête très vite d’elle-même à la surface des choses.
Vous avez peut-être déjà vécu cette expérience : un groupe de débutants parmi lesquels une, voire deux personnes se démarquent immédiatement par la facilité avec laquelle ils apprennent et progressent.

Cependant, nous avons tendance à oublier une donnée importante concernant les prodiges : la facilité nous endort !
Je m’explique. À éprouver trop de facilités on peut vite s’ennuyer. La barre est trop basse pour nous, il n’y a pas de véritable challenge. Pourquoi se donner à fond ? Ainsi, peu à peu, nous perdons notre motivation et laissons vite tomber.
On peut par exemple retrouver ce type de comportement dans l’univers scolaire, ces génies qui s’ennuient en cours et finissent par avoir des résultats moyens voire catastrophiques.

La seconde difficulté à laquelle peut être confronté un prodige est son ego. À être « trop bon », on finit réellement par penser qu’être bon fait parti de nous, c’est ainsi acquis. Partant de cette croyance, le piège peut très vite se refermer sur nous : si nous sommes au dessus du niveau général, pourquoi se donner plus de mal, pourquoi essayer de progresser alors que l’ensemble du groupe est inférieur à nous ?
Peu à peu le prodige s’enferme dans une tour d’ivoire jusqu’au jour où le petit dernier du groupe vient lui démontrer une nouvelle forme de facilité.
Nous pouvons vite imaginer la chutte de l’ego depuis les hauteurs de sa tour.
Une chute comparable à l’aversion que peut avoir notre ego d’être mis à mal.

Les plaisirs de l’imperfection

Maintenant que nous avons détaillé les dangers relatifs à avoir des facilités, reprenons notre groupe de débutants au sein duquel se trouvaient un ou deux prodiges. Pour illustrer ce cas, j’ai en tête l’histoire d’un groupe de skateur auquel j’appartenais il y a une dizaine d’années.

Un an s’est maintenant écoulé depuis les débuts de notre groupe, nous retrouvons sensiblement les mêmes individus : les laborieux, les prodiges, la norme…
Là où, après plusieurs mois de pratique, nous pourrions nous attendre à l’explosion du niveau des prodiges, nous constatons que la donne a complètement changé. En effet, nos prodiges ne sont plus sur le devant de la scène. Ils ont désormais laissé leur place à des personnes moins douées au départ mais bien plus motivées et appliquées à améliorer leurs compétences. On peut même constater que, des débutants arrivés il y a seulement quelques mois, ont supplanté le niveau des prodiges.

La conclusion à tirer de tout cela, n’est nullement de dire qu’un prodige à moins de chances de réussir sur le long terme. De même cela ne signifie pas non plus que, si vous n’avez pas de facilités au départ, vous arrivez plus tard à dépasser toutes les espérances. Ce sera peut-être le cas et c’est ce que je souhaite sincèrement, mais pour l’instant rien ne l’indique.

Non, l’idée ici est de décomplexer vis-à-vis des prodiges, mais surtout de réaliser que les facteurs de réussite sont tout autres.

Comme il a été démontré scientifiquement, le génie peut s’apprendre. Il n’est pas forcément inné et oui, vous pouvez devenir plus intelligent dans le domaine en question. Sachez le, vous avez en vous les capacités d’un prodige, même si vous ne l’êtes pas (encore).

Changez votre perception des choses et laissez sur le bord de la route toutes frustrations vis-à-vis des prodiges. Aussi bien pour les autres que pour vous, ne pensez pas que tout est acquis et que les champions d’aujourd’hui seront ceux de demain. Ne baissez jamais les bras, perséverez, rien n’est figé. Que ce soit vos performances, votre enthousiasme ou vos capacités à apprendre, tout peut s’améliorer.
De même, apprenez à apprécier vos réalisations, même si celles-ci sont loin d’être parfaites. C’est ainsi que vous progresserez et surtout que vous prendrez du plaisir à évoluer.

NB : J’espère qu’avec cet article, vous ne verrez plus « le blond » de la même manière 😉

Crédit photo : niko.chan

...et pour finir, 3 liens fondamentaux à VITE regarder : En vous souhaitant une belle découverte 😉



 

10 comments

  1. Mais ne pourrions nous pas tous être des prodiges si nous nous en donnions les moyens? Le problème de la facilité et de l’ego se travaillent, mais je reste persuadé que nous avons tous un talent. A nous de le découvrir et de le travailler!

  2. Mais alors dans cette histoire de skateurs, le Nicolas Pène, il se situe où ? Il n’était quand même pas un de ces prodiges qui s’est reposé sur ses lauriers, non ? Moi, je pense qu’il était un de ces discrets, casquette sur les yeux, qui finit par accomplir des ollies du feu de dieu, à clouer le bec des « prodiges » !!

    PS : Merci pour la citation. 😉

  3. Bonsoir,
    Je me sens moins seul. Que diriez-vous si vous aviez un génie qui n’avait pas la même réussite que dans les contes de fées et qui devait se battre contre ses propres doutes et contre le sort d’une vie pas ordinaire? Que diriez-vous si vous pouviez suivre ses aventures maladroites sur un blog quasiment inconnu?
    Cherchez-le sur google : bgn9000.

  4. J’ajouterai quelque chose : les « prodiges » sont-ils vraiment à envier ? Ils n’en sont pas moins humains et peuvent tout à fait être en proie au doute, en pensant que s’ils arrivent naturellement à être bons dans un domaine, c’est forcément que c’est à la portée de tous !

    Il m’a personnellement fallu des années avant d’admettre que non, tout le monde n’était pas en mesure de faire la même chose que moi et que si j’y arrivais si facilement, cela n’avait rien à voir avec la complexité de la chose… 🙂

  5. C’est vrai, le prodige marche sur un fil dont il peut tomber à tout instant. C’est un véritable travail d’équilibriste éprouvant que de savoir admettre qu’on est bon tout en refusant de « prendre la grosse tête »

  6. Et sans compter que tout le monde a ses propres difficultés pour avancer. Le prodige n’est un prodige qu’en comparaison des autres. S’il se compare à lui même, il en est au même niveau que tout le monde : il peut soit progresser soit régresser. Au final, il se retrouve aussi avec des challenges, des remises en question etc.

  7. Méditons sur ce qui suit : un coeur, quand il fonctionne bien, a des battements erratiques (en gros des hauts et des bas). Par contre quand il est soumis à un stress, les battements sont plus réguliers et cette régularité peut causer un infarctus.
    Je dis toujours que pour aller loin, il faut parfois tomber bien bas 🙂

  8. J’ai eu quelques petits problèmes cardiaques, donc j’ai contacté quelques cardiologues et je me renseigne sur le web et en écoutant des émissions TV sur le sujet. Par exemple, les femmes sont moins sujettes aux infarctus car leur corps régulent mieux que nous le cholestérol et l’hypertension. Toutefois, elles perdent cette protection à la ménopause. Du coup, elles sont moins surveillées et les infarctus sont plus mortels. De plus, les symptômes avant coureur sont différents de l’homme et assez illogiques, car au lieu des douleurs au bras gauche et à la poitrine, elles ont des maux de dents, de dos et au ventre.
    J’en profite pour vous faire partager un ou deux de mes articles connexes à celui-ci :
    http://memoirevampire.wordpress.com/2010/10/07/definition-de-genie
    http://memoirevampire.wordpress.com/2010/08/25/des-genies-il-y-en-a-partout-et-tout-temps

    ou trois:
    http://memoirevampire.wordpress.com/2010/08/16/le-talent-est-rupture-le-talent-est-continuite-le-talent-nest-ni-lun-ni-lautre-quest-ce-que-le-talent

    Bref, c’est un sujet qui revient dans mon blog 🙂

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